
Wacky Races
( "courses loufoques " )
C'est le titre original de cette vieille série Hanna Barbera
rebaptisée en France Les fous du volant,
et qui fut souvent rediffusée dans Les visiteurs du mercredi
et ailleurs
Cette saga aurait été inspirée par un film de
Blake Edwards, La grande course autour du monde, où
le duo Jack Lemmon - Tony Curtis faisait à nouveau merveille.
Le concept de la série est simple : dans chaque épisode,
11 véhicules, lâchés sur un territoire des Etats-Unis,
se livraient une âpre compétition, rivalisant de ruses,
de roueries et de crocs-en-jambe,
chacun espérant franchir en triomphateur la ligne d'arrivée.
" Les véhicules se dirigent vers la ligne de départ
", annonce le commentateur de la course
En première position, menant le bal au volant de sa Turbo Terrific,
l'imperturbable Pierre de Beaufixe, chéri de ces dames,
toujours impeccablement rasé,
il qui frise et sourire enjôleur, rêve déjà
aux autographes qu'il va signer après la course,
et aux jolies filles qu'il va faire craquer en ôtant son casque.
Derrière lui, pilotant son Tacot Tout-Terrain, un autre type
de Don Juan :
Rufus Larondelle, l'énorme bûcheron élevé
au sirop d'érable.
Contrairement à Pierre de Beaufixe, Rufus ne fait pas dans
la dentelle :
les roues de son tacot sont d'impressionnantes scies circulaires,
et là où passe cet ambitieux Attila,
les arbres ne repoussent plus.
Son coéquipier-mascotte, le castor Saucisson, l'aide
volontiers à faire flèche de tout bois,
et tronçonne l'adversité en deux dents, trois mouvements
!
Plus traditionnels dans leurs méthodes, le sergent
Grosse-Pomme et le soldat Petit-Pois,
aux commandes du Tocard Tank, ne connaissent que la rigueur militaire.
Les tactiques de la vieille U.S. Army ne leur réussissent cependant
pas toujours,
et les deux fleurons de caserne ont plus souvent l'air de jouer dans
Le retour des bidasses en folie que dans Officier et gentleman.
A quelques centimètres, grignotant du terrain sur les chenilles
du Tank,
roule la Cavaillac Blindée, avec, à son bord, le célèbre
gangster Al Carbone,
son principal acolyte Bèbert-les-yeux-ronds et toute
leur bande de sinistres malfrats.
Curieux équipage : sont-ils dans le peloton parce qu'ils participent
à la course ou parce qu'ils fuient le shérif ?
Les deux concurrents qui s'avancent maintenant sont, chacun dans son
genre, d'illustres personnalités.
D'abord, le professeur Maboulette, brillant inventeur, qui pilote
l'aérofusoplaneur.
Cet étonnant véhicule à transformations peut devenir
tour à tour un hors-bord, un tandem, un scooter,
une fusée, un tapis volant, une échasse à ressort
ou une boule de bowling géante.
Rarement pris au dépourvu, le professeur, au volant de son engin
caméléonesque,
s'adapte à toutes les situations.
Juste derrière, voiture rose bonbon complètement kitschounette,
ombrelle fièrement dressée vers le ciel et queue de cheval
à la Karen Cheryl :
c'est la pin-up des fous du volant, la Marilyn de la route, la sémillante
Pénélope Jolicur .
Bien que sa personnalité soit assez mièvre et son vocabulaire
un peu limité
(Pour elle, tout le monde est " chou ".),
il lui suffit d'une illade pour mettre ses adversaires à
ses pieds,
et Pierre de Beaufixe ne cache pas ses tendres sentiments pour la blonde
amazone.
Voici venir à présent deux véhicules qui semblent
hors du monde et hors du temps.
La Caraverne, voiture primitive sortie tout droit de l'âge de
pierre,
est pilotée par les frères Tête-Dure, Roc et
Gravillon,
deux cromagnons chevelus qui manient mieux la massue que la rhétorique.
Il est ahurissant de penser qu'ils ont pu, par on ne sait quel paradoxe
temporel,
quitter leur ère préhistorique pour se joindre à
la course ;
il l'est tout autant de constater qu'ils conduisent sans anicroche
malgré la masse de cheveux qui leur cache la vue.
Et cet étrange véhicule qui se meut fantasmagoriquement,
c'est l'irréelle Dingo Limousine,
conduite par les monstres Pic et Colégram.
Ce château hanté roulant, qui carbure tantôt au
dragon cracheur de flammes,
tantôt à l'orage cracheur de pluie, peut libérer,
selon les circonstances,
un fantôme frappeur, une sorcière sur son balai, une
tempête à décorner les bufs,
un couple d'alligators, une terrifiante araignée, ou même
un serpent de mer.
D'autres fous du volant ne paient pas de mine, mais peuvent déployer
des ressources insoupçonnées.
C'est le cas de Max le Rouge, l'aviateur cinglé, qui,
aux commandes de son vieux zinc cahotant, réalise d'étonnantes
performances, qu'il soit en l'air ou sur terre.
En grand enfant qu'il est, il adore faire joujou avec la mitraillette
de son avion,
mais n'a encore blessé personne.
En revanche, se servir d'un parachute est pour lui une épreuve
insurmontable ;
c'est à se demander si, dans sa machine volante, les parachutes
n'étaient pas fournis en option.
Encore plus titubant et bringuebalant que l'avion de Max : le coucou
casse-cou,
véhicule fabriqué de bric et de broc, que pilote (avec
les pieds) le flegmatique Malabille,
assisté de son ours Malabar. Une vague construction en
planches, un rocking-chair, une grosse chaudière, ça se
résume à ça ! Et le plus incroyable, c'est que
ça roule
Et parfois même, ça gagne les course
!!

Et enfin, voici ceux qu'on attendait, les plus grands (Non !!!),
les plus beaux (Non !!!), les plus forts (Non plus !!!) :
Satanas et son chien Diabolo, dans leur Démone grand sport
double-zéro.
Satanas, comme son nom l'indique, fait plutôt du vade retro que
de la tête de peloton, dans la course.
Pourtant, ce n'est pas faute d'essayer
Seulement, voilà, Satanas n'est pas un honnête homme, et
pour gagner la course,
il triche comme un rat scélérat !
Bien entendu, ses fourberies se retournent toujours contre lui,
à la grande jubilation de son " fidèle " Diabolo.
C'est là qu'on s'interroge sur la logique des fous du volant
:
Satanas est puni parce qu'il triche, alors que les coups fourrés
que les autres concurrents
se font entre eux ne semblent pas beaucoup plus honnêtes.
On peut en déduire qu'en épluchant le règlement
de la course,
on y trouverait un article stipulant que tout le monde a le droit
de tricher,
sauf les concurrents dont le nom se terminent en " as ",
ou les concurrents qui ont un chien vert qui rigole,
ou les concurrents dont le véhicule porte le numéro
00,
ou les concurrents qui sont doublés en français par
Philippe Dumat
En plus de leurs tribulations dans Les fous du volant,
Satanas et Diabolo furent également les vedettes d'une autre
série animée,
qui les montraient en pilotes d'avion, membres de " l'escadrille
infernale ".
Les deux vilains compères étaient perpétuellement
occupés à pourchasser Zéphyrin le pigeon voyageur
pour lui chiper ses messages secrets.
Satanas et Diablo étaient secondés, dans leurs entreprises
aériennes, par deux drôles de zigotos,
Looping le trouillard et le cacophonique Vol-à-Voile.
Diabolo le Magnifique, une petite série mineure issue de l'escadrille
infernale,
montrait un Diabolo mythomane qui se prenait pour un valeureux héros.
La belle Pénélope Jolicur eut également
sa série indépendante,
intitulée Les périls de Pénélope, et peu
connue chez nous,
si ce n'est par quelques adaptations en BD :
Pénélope, aidée par l'équipe d'Al Carbone,
tentait d'échapper aux pièges de son cruel tuteur,
qui voulait la supprimer pour s'emparer de sa fortune.
Et pendant que je faisais ces digressions, les fous du volant ont
pris le départ.
Allez-y, les gars, bonne course, castagnez-vous bien
et que
le moins bon perde !

Les fous du volant
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Le 45T
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La jolie Pénélope
Jolie coeur
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Auteur: Le
chapelier fou ©
2005
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